Les deux dates du sous-titre, 1818-1918, délimitent exactement un siècle de vapeur sur le fleuve. Tout commence le 2 août 1818 à Bordeaux : les chantiers Chaigneau et Bichon lancent La Garonne, premier bateau à vapeur construit en France, une machine de 30 chevaux qui fait du fret sur la basse Garonne au milieu des curieux et des marins méfiants.
Remonter jusqu’à Agen est une autre affaire. Trop lourds, les premiers vapeurs tirent plus de 90 centimètres d’eau et butent sur les hauts-fonds : ils atteignent Langon en octobre 1818, La Réole en 1826, Marmande en 1827, Agen ensuite. En mai 1830, L’Omnibus de la Compagnie Bordelaise, avec seulement 56 centimètres de tirant d’eau, réussit Bordeaux-Toulouse — mais en 29 heures jusqu’à Moissac et 13 de plus jusqu’à Toulouse : l’exploit reste sans suite commerciale.
Sept kilomètres à l’heure à la remonte, douze à la descente : à peine mieux que les chevaux de halage, mais sans attendre ni le vent ni l’eau haute.
Devant Le Passage défilent alors ces bateaux à roues, leurs compagnies rivales, leurs passagers du dimanche et leurs accidents — le 4 novembre 1852, une chaudière explose à neuf kilomètres en aval d’Agen. Puis le canal latéral (1856) et le chemin de fer prennent le fret, la Grande Guerre achève les dernières lignes : c’est cette épopée brève et bruyante que raconte la revue.
Repères
- 1818 — La Garonne, premier vapeur français, lancé à Bordeaux
- 1826-1827 — La Réole, puis Marmande
- 1830 — L’Omnibus atteint Toulouse par le fleuve
- 1852 — explosion de chaudière en aval d’Agen
- 1856 — le canal latéral détourne le trafic
Retrait ou livraison : retrait gratuit au Passage d’Agen sur rendez-vous, ou envoi postal à domicile.




