La carte postale ancienne de la couverture, légendée « Agen — Pont-Canal et Garonne », résume le numéro : au fond les arches du pont-canal, au bord de l’eau des femmes et des enfants, et sur le fleuve un bateau amarré — tout ce qui a disparu.
Au XIXe siècle, la population du Passage est en grande partie composée de mariniers qui assurent le transit entre Toulouse et Bordeaux : vins, blés, bois et pruneaux à la descente, sel et marchandises à la remonte, sur des bateaux longs, étroits et à faible tirant d’eau, seuls capables de passer les bancs de gravier et les étiages. Douze à seize heures par jour à bord, la nuit dans les auberges de rive, et dans chaque port une église — souvent dédiée à sainte Catherine, patronne des gens de la rivière.
« Si vilain sur terre, seigneur sur l’eau je suis ! »
Devise des mariniers de Garonne
Leur cri de manœuvre est resté : « Lay gésir lay », l’ordre lancé aux bateaux qui remontaient de se ranger côté terre, figure aujourd’hui sur le blason de la commune. La réponse à la question du titre tient en quelques années : le canal latéral, achevé en 1856, puis le chemin de fer prennent le fret au fleuve, et les derniers mariniers du Passage deviennent éclusiers, maraîchers ou ouvriers.
Petit lexique
- Marinier — le batelier de Garonne, patron ou propriétaire de son bateau
- Étiage — les basses eaux d’été, qui interrompaient la navigation
- Lay gésir lay — « range-toi côté terre », devise du blason passageois
Retrait ou livraison : retrait gratuit au Passage d’Agen sur rendez-vous, ou envoi postal à domicile.




